GALERIE JOHANN NALDI

ACHAT - VENTE - COURTAGE

 
 
French (Fr)

Ecole de la seconde moitié de la fin du XIXème siècle

Huile sur panneau d'acajou

« Portrait d’une femme assise, dessinant »

 

 

 

 

 

Au revers, tampon du marchand de couleurs A. BERTRAND & C.ie / Paris.

D’une grande virtuosité d’exécution, notre œuvre nous semble pouvoir être rapprochée du tableau de Giuseppe de Nittis intitulé « Signora Napoletana » passé en vente chez Christie’s, London King street, 26 juin 2007 lot n° 166 (ref. P. Dini and G. L. Marini, De Nittis: La vita, i documenti, le opere dipinte, volume I, Turin, 1990, p. 406 & volume II, no. 733 (illustrated)). La confrontation visuelle de ces deux tableaux nous semble relativement pertinente, tant au niveau du sujet que de la technique employée. On y retrouve, outre une même ampleur de format, une identique préparation ivoire que l’artiste laisse en réserve à de multiples endroits, la plus frappante étant la bande verticale que l’on retrouve en haut à droite de la Signora Napoletana et en haut à gauche de notre tableau. Les deux œuvres présentent une gamme chromatique similaire, et une même approche de composition : le modèle, relativement bien défini, cerné par un fond vigoureusement brossé et largement esquissé. Au-delà d’une rythmique de touche qui nous semble jumelle, on peut observer dans ces deux œuvres une même approche picturale dans l’agencement des masses colorées, ainsi que ces sortes de « coulures » de pigments plus intensément dilués que l’on retrouve dans la partie basse de notre tableau et en haut à droite de la « Signora Napoletana ».

Le revers du panneau porte le tampon (timbre humide à l’encre noire) du marchand de couleurs A. BERTRAND & C.ie: « ANCIENNE MAISON DEFORGE / A. BERTRAND & C.ie Succrs / 10 rue lafayette 10 / Atelier, 5 rue Lebouteux, paris ». Nous avons consulté le Monsieur Pascal Labreuche, expert en supports de tableaux, qui nous a communiqué pour ce marchand des dates d’activité extrêmement restreintes. En effet, cette maison est attestée à cette adresse de 1883 à 1884 (réf. Bottins millésimées). Monsieur Labreuche avance même une date encore plus courte, car Jacques Hillairet (auteur du Dictionnaire historique des rues de Paris) indique que le nom de LEBOUTEUX fut donné à cette rue en 1884. Giuseppe de Nittis étant mort le 21 août 1884 à Saint-Germain-en-Laye, il est donc théoriquement possible qu’il se soit fourni en matériel auprès de ce marchand de couleurs quelques mois (voir quelques semaines) avant son décès. L’absence de signature pourrait également être confortée par cette fourchette temporelle très resserrée : l’artiste étant subitement mort d’une embolie cérébrale, il n’aurait pas eu l’occasion d’apposer sa signature sur un œuvre restée inachevée, et dont le support aurait été acquis très peu de temps auparavant. A ce propos, il semble que le tableau intitulé « Signora Napoletana » et que nous confrontons au notre, ne soit également pas signé. Nous ignorons l’identité du modèle. Pourrait-il s’agir de l’épouse du peintre ? D’une artiste du cénacle impressionniste proche de Giuseppe de Nittis ? En tout état de cause, l’artiste semble poser sur son modèle un regard intime d’une grande tendresse.

Madame Francesca Dini, historienne et fille de l’auteur du catalogue raisonné de l’artiste, à qui nous avons soumis des photographies du tableau, a malheureusement refusé d’attribuer cette œuvre à Giuseppe de Nittis. Malgré l’absence totale d’une contre-argumentation de sa part, notamment sur les points énoncés ci-dessus, il ne nous reste plus qu’à nous ranger derrière cet avis négatif. En attendant le prochain expert ?

Dimensions: 65 x 53 cm


 
 
 
 

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