GALERIE JOHANN NALDI

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Paul Delaroche

Paul Delaroche - Vieillard assis(1797-1856)

Huile sur toile

"Vieillard assis"

VENDU

 

 

 

Dimensions : 27 x 21,5 cm

Signée en bas à droite.

Tampon du marchand de couleurs BELOT au revers.

Il nous reste fort peu de choses de la jeunesse de Paul Delaroche, particulièrement de la période d'avant 1824, année où sa réputation fut faite, selon Stendhal, avec la parution au Salon de sa Jeanne d'Arc. Cependant, deux petits dessins conservés au musée des Beaux-Arts d'Orléans témoignent de l'attention qu'il porte aux scènes de la vie quotidienne, dans un traitement spontané qui caractérise son style lorsque, toujours élève dans l'atelier du Baron Gros, il habite le logement dit "La Childeberte", tout près de l'Abbaye de Saint Germain des Près (1). Le premier dessin, une charmante étude d'un enfant de dos, daté erronément vers 1838 dans le catalogue « Un peintre dans l'histoire » (1999) serait en fait une étude préparatoire pour son Saint Vincent de Paul, datable de 1823. Le second dessin, une étude à la plume représentant une jeune femme à la harpe et un vieillard, signé et daté 1820, pourrait être interprété comme une scène du Wilhelm Meister de Goethe.

La charmante petite peinture inédite dont il est ici question pourrait également être datée du début des années 1820. Le vieillard représenté dans le second dessin que conserve le musée d'Orléans pourrait être le même modèle que le vieux barbu que Paul Delaroche propose ici paisiblement assis avec sa sacoche. D'ailleurs la signature de notre peinture, avec ses gracieuses fioritures et un R majuscule dans "DelaRoche" est fort semblable à celle du premier dessin d'Orléans. Il est également permis de penser que l'artiste s'est souvenu de notre tableau lorsque, dans la dernière aquarelle des études pour un épisode des Confessions de Jean-Jacques Rousseau, il a représenté l'auteur au repos auprès d'une église (2).

Pour conclure, on se souviendra aussi du remarquable récit de Marceline Desbordes-Valmore dans "L'Atelier d'un peintre", écrit vers 1830 et qui traite de la vie de l'atelier de son oncle, Constant Desbordes, vers la fin de l'Empire. Nous savons que Delaroche avait commencé ses études dans l'atelier de celui-ci. Sa nièce y consacre tout un chapitre sur la précocité extraordinaire d'un certain "Paul de L***", qui n'est autre que le très jeune Paul Delaroche. C'est à propos de ce garçon de douze ans que Marceline Desbordes-Valmore raconte : "Il barbouilla, sur une toile nue, l'énergique profil d'un grognard" ; et elle note encore que, lorsque Desbordes l'invite à signer l'esquisse, le garçon affirme : "Je ne signerai que les tableaux qui me feront honneur". Nous ne pouvons pas douter que, dix ans plus tard, un Delaroche qui n'est pas fictif réaliserait une petite toile qui lui ferait pleinement honneur. Nous remercions le professeur Stephen Bann, spécialiste de l'artiste, d'avoir confirmé l'authenticité de cette œuvre après examen de visu, et de son aide dans la rédaction de cette notice. (1) Stephen Bann, "Paul Delaroche's Early Works...", Oxford Art Journal, 29.3.2006, pp.351, 355. (2) Stephen Bann, Paul Delaroche (1997), p.67.

(1) Stephen Bann, "Paul Delaroche's Early Works...", Oxford Art Journal, 29.3.2006, pp.351,355.

(2) Stephen Bann, Paul Delaroche (1997), p.67.

 
 
 
 

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